Journal

Nordique

1 avril 2018

Quand il neige à plein temps, c’est comme du silence qui tombe. – Félix Leclerc

 

 

Si seulement je pouvais avoir le contrôle sur ma propre chaleur corporelle.

L’être humain en terre nordique passe son temps à espérer la montée en flèche du mercure. Il rêve de Sud: partir, vivre, vieillir, mourir dans le Sud. Avoir chaud tout le temps. Selon ma mère, là-bas, dans le Sud, il y aura bientôt deux mois qu’ils n’ont pas reçu une seule goutte de pluie. Je ne l’envie pas mais ce serait mal vu de le dire à haute voix.

Plus les années s’empilent et plus la saison froide m’enrobe. L’observer s’assoupir me laisse mélancolique. Demeurer dans mon nid, sous un amas de couvertures, faire bouillir quatre litres de thé si le cœur m’en dit, lire jusqu’à avoir les pupilles courbaturées, sans culpabiliser de ne pas pique-niquer dans le même parc que tout le monde, avec tout le monde, en même temps que tout le monde.

– On peut s’installer à l’ombre ? La chaleur me donne mal à la tête. J’ai une bonne raison ; c’est physique. Une trop basse pression artérielle, semble-t-il.

– Plus tard, profitons du soleil d’abord. 

Profiter. Sortir ses jambes. Se construire un joli teint ambré. Boire du rosé en terrasse. Starter le bbq au moins trois fois par semaine parce que sinon ça vaut pas la peine. Cultiver des tomates. Du basilic. Acheter le bon type de fleurs pour le bon type d’ensoleillement et les installer dans le bon type de plate-bande. Prendre part à des festivals en plein air avec une foule de gens qui ne participe pas vraiment audit festival en plein air. Faire des roadtrips, du camping, des randonnées, de la plage. Dormir sans se toucher. Rester hydraté.

C’est pressurisant, l’été.

Vous devriez aimer

Aucun commentaire

Laissez un commentaire