Monthly Archives

avril 2018

Notes, extraits et citations

“Tout ce qu’on ne te dira pas, Mongo” de Dany Lafferière (extraits choisis)

29 avril 2018

Mon rêve : boire un café avec Dany Lafferière. En même temps, je me sentirais tellement petite, j’aurais probablement besoin d’une tierce personne pour combler mes trop grands instants d’admiration. Ce serait gênant. 

Je voudrais l’écouter parler de lecture et d’écriture :

« Il m’arrive d’écrire sans penser à ce que j’écris. Je suis une caméra. Je balaie l’espace. Cela m’a pris beaucoup de temps avant d’arriver à cette simplicité. Avant je croyais que les choses, comme les êtres, ne se révélaient que dans leur profondeur. En fait, tout se passe à la surface. » 

« Chaque fois qu’on me demande le livre que j’emporterais sur une Île déserte, je réponds un livre qui m’apprendrait à construire un petit bateau pour quitter l’île quand bon me semble. »

« La littérature est là pour nous dire que nous ressentons les choses de la même manière quels que soient les climats, les paysages, les classes, les races, les sexes et les religions. » 

 

De la nature humaine et de ses travers :

« En ignorant l’autre, c’est soi-même qu’on finit par mettre en danger. »

« Je suis payé pour observer les gens et leur remettre sous les yeux des choses qu’ils croient naturelles et qui ne sont que des habitudes particulières à une société donnée. C’est ainsi qu’on risque de devenir intolérant, quand on pense que notre comportement est juste et universel, alors qu’il est le fruit d’une dure adaptation faite de compromis constants. » 

« Tu peux faire ça au Cameroun, où c’est toujours l’été. En hiver, il faut prendre rendez-vous. Et surtout arriver à l’heure. »

« Un Québécois : c’est un individu prêt à mourir pour une langue qu’il ne cherche pas à bien écrire. » 

« Cette culture occidentale qui bouffe une quantité faramineuse de viande par habitant, est aussi celle qui s’émeut à la moindre injustice faite à un animal domestique. » 

 

De la vie, tiens :

« Il n’y a pas de moment moins important qu’un autre. Mouvement continu. Tout est lié. Si on est intègre, on a qu’à suivre son instinct, qui est simplement la somme de ce qu’on investit dans l’instant. On ne se coupe jamais de son passé. »

« L’amour se nourrit d’absence. On ne peut pas oublier un cœur. On ne peut que l’épuiser. »

 

Notes, extraits et citations

Pouvoirs de glace

12 avril 2018

Ce matin je me suis réveillée avec cette chanson en tête. Je l’ai écoutée en boucle 472 fois (avec une bonne marge d’erreur).

Je veux faire fondre
ton absence
J’ai senti ses pouvoirs
de glace
quand les flocons
ramènent l’enfance
pose tes mains
sur mes crevasses
apaise-moi dans le silence

Pouvoirs de glace, Tire le Coyote

Notes, extraits et citations

“Si j’étais une oeuvre d’art” de Eric Emmanuel Schmitt (extraits choisis)

12 avril 2018

Dans la catégorie des phrases qui me rendent jalouse:

« La lune était ronde et avait l’air de s’en foutre. »

 

Dans la catégorie des descriptions parfaites:

« La mer est à marée basse, la plage à sable haut. Le soir s’annonce au blondissement de la lumière. Nous avançons vers la ligne invisible et mystérieuse où les rues et les eaux se confondent. »

Notes, extraits et citations

“Biographie de la faim” de Amélie Nothomb (extraits choisis)

12 avril 2018

Lire Amélie au moins une fois par année. 

« Dieu, ce n’est pas le chocolat. C’est la rencontre entre le chocolat et le palais capable de l’apprécier. »

« Tout se dressait, tout essayait de toucher le ciel. Jamais je n’avais vu un univers aussi debout. » (À propos de New York)

« Un soir, le spectacle fut un ballet: je découvris que le corps pouvait servir à s’envoler. »

« La lecture était le lieu privilégié de l’admiration. Je me mis à lire beaucoup pour admirer souvent. »

« Je lus pour la première fois le roman que j’allais le plus relire, Les jeunes filles de Montherlant. Cette lecture jubilatoire me confirma dans l’idée qu’il fallait tout devenir, sauf une femme. J’étais sur la bonne voie, puisque j’étais un cancrelat. » 

Journal

Intrusion

9 avril 2018

 

 

À une certaine époque on se pointait chez les gens comme ça, pour leur parler ou les inviter à sortir.

Quelle intrusion.

Quelqu’un vient de sonner. Je suis dans la salle de bain. Heureusement. Cinq secondes plus tôt, on m’aurait probablement repérée à travers la porte vitrée. Même si les lumières sont allumées, on peut me croire dans l’impossibilité d’ouvrir. Sous la douche, par exemple. Par contre, si l’intrus colle son œil à la fenêtre, il verra l’écran de mon ordinateur ouvert et comprendra que je me terre pour éviter le contact. Je reste figée. Je regarde mon propre reflet dans le miroir et me demande si je dois ou non faire signe de vie. Ouvrir la porte. Lire la suite

Lectures

J’ai lu: “En attendant Bojangles” de Olivier Bourdeault

4 avril 2018

Certains ne deviennent jamais fous. Leur vie doit être bien ennuyeuse. – Charles Bukowski

 

 

C’est l’histoire d’un amour magique. Un amour passionné, fou. Un amour vrai. C’est l’histoire d’une grande fête perpétuelle. Il y a Louise, femme-enfant, et son amour Georges qui la rebaptise chaque jour, à sa demande. Il y a Mademoiselle Superfétatoire, une grue de Numidie, grand oiseau exotique au long cou qui déambule à travers l’appartement comme à travers les pages, provoquant stupéfaction à chaque passage. Il y a ce brillant enfant qui nous raconte la passion de ses parents, qui dansent. Qui dansent partout, tout le temps. Sur une seule chanson : « Mr. Bojangles ». Lire la suite

Journal

Nordique

1 avril 2018

Quand il neige à plein temps, c’est comme du silence qui tombe. – Félix Leclerc

 

 

Si seulement je pouvais avoir le contrôle sur ma propre chaleur corporelle.

L’être humain en terre nordique passe son temps à espérer la montée en flèche du mercure. Il rêve de Sud: partir, vivre, vieillir, mourir dans le Sud. Avoir chaud tout le temps. Selon ma mère, là-bas, dans le Sud, il y aura bientôt deux mois qu’ils n’ont pas reçu une seule goutte de pluie. Je ne l’envie pas mais ce serait mal vu de le dire à haute voix. Lire la suite